//
you're reading...
La petite histoire du mois

La petite histoire du mois de juin : Le Bonheur, vous trouvez ça «nunuche» ?

Le Bonheur, vous trouvez ça “nunuche” ?

Le bonheur, vous trouvez ça "nunuche"?

« Des travaux de psychologie ont montré que nous sommes perçus comme plus intelligents quand nous tenons des propos négatifs plutôt que positifs, même si la teneur des affirmations est d’égale qualité. Autrement dit, en étant optimiste, on risque de paraître un peu niais. »[1] Parlons de la pluie ou du divorce pour être entendus, donc ? Et rédigeons sur l’amour et le bonheur pour être sûrs de ne pas être lus !

Qui est le plus heureux ?

Selon vous, qui est le plus heureux : un grand brun ambitieux, jonglant fermement mais confiamment entre ses ambitions professionnelles et ses relations sentimentales, tout en entretenant parfaitement son réseau et sa coupe de cheveux. Ou un grand brun ambitieux, jonglant fermement mais confiamment entre ses ambitions professionnelles et ses relations sentimentales, tout en entretenant parfaitement son réseau et sa coupe de cheveux, et qui chaque matin se lève en regardant le soleil pour se dire « je suis heureux d’être ici et maintenant, je commence une belle journée qui m’apportera, à moi et à mes proches, tout le bien-être et le bonheur que nous méritons ».

Alors, votre avis ? Une once d’ironie dans votre œil ? Vous laissez paraître un fond de mépris, de sarcasme, voire de moquerie en lisant ces lignes ? La quête du bonheur se coltine parfois cet air « nunuche », comme si vouloir être heureux revenait à se coiffer de couettes roses et à porter sur le front quelques lignes du genre « je suis un peu trop fleur bleue ».

Parce que c’est peine perdue ?

L’estime que l’on porte à la quête de réussite, de prospérité, voire à la quête d’amour ou de bonne santé semble « bien sous tous rapports ». On nous regarde rarement de travers au dîner dominical si nous abordons les étapes clés pour atteindre une belle situation professionnelle ou pour se sentir physiquement en forme. Bien pire encore, les oreilles se tendent de considération et d’estime lorsque l’on évoque des sujets graves, bien dramatiques et suffisamment bouleversants. Qu’en est-il si nous engageons la conversation sur le bonheur et ses fondamentaux, si nous clamons que notre objectif n’est autre que le bien-être ici et maintenant, le partage et l’humanisme pour un monde plus heureux ? Belle-maman tourne de l’œil ? Beau-papa tente de vous ramener les deux pieds sur terre et la tête sur les épaules ?

Ce constat est désolant de gâchis : Pour avoir de la « contenance », tenez des propos choquants de tristesse et de violence ; pour être un bon journaliste, trouvez la faille, cherchez le conflit, montrez la misère ; pour devenir crédible, laissez transparaître un passé difficile et chaotique. Est-ce bien là le monde que nous voulons ?

Mais pourquoi tant de distance et de déconsidération pour notre propre bonheur ? Il s’agit pourtant de nous, de valeurs fondamentales, d’un enjeu pour chaque être humain, non ? Peut-être que le terme nous effraie par l’investissement ou la responsabilité qu’il semble impliquer. Comme s’il s’agissait d’un grand rêve, bien joli mais inaccessible. Ce qui devient alors le cas : comment atteindre une destination que l’on croit inexistante ! On embarque ainsi tout au mieux pour celles qui sont plus proches, qui demandent sans doute moins d’engagement, moins d’honnêteté envers soi-même, moins de maturité. On prend la route pour le succès, la beauté, la reconnaissance, l’Amérique, l’Inde, le mariage, ou la direction du département financier de notre entreprise… Par peur de ne jamais trouver notre étoile, nous visons le premier versant de la lune. 

Affranchissons-nous pour être heureux !

Ce qui est épatant dans l’affaire qui nous occupe, c’est que nous risquons de nous éloignez de notre quête du bonheur simplement parce qu’elle peut nous faire paraître moins intelligents, peu réalistes, voire un peu « allumés ». Or, le premier pas vers le bonheur n’est-il pas justement de se libérer de ce que les autres pensent pour enfin être soi, en toute cohérence et bienveillance ? Décider d’être heureux et promouvoir le bonheur fait partie de nos devoirs d’Hommes libres. Les adeptes d’une philosophie sceptique et d’une information négative choc, les fidèles du télé journal des mauvaises nouvelles, les intellectuels torturés et les éternels chercheurs de failles seront alors forcés de constater que c’est possible. Que le bonheur est un choix qui semble pertinent, voire brillant ; qu’une attitude positive, qui paraissait un peu naïve, est en fait une force avérée, une arme des plus puissantes et devient aujourd’hui une nécessité pour notre société, une nouvelle religion libre des cœurs et des terriens.

Le bonheur est fait de toutes ces petites actions qui composent nos vies.

Boire un grand verre d’eau fraîche contribue à notre bonheur. Seulement si on choisit de le voir ainsi ! Boire de l’eau permet à notre corps de vivre, de se ressourcer, à notre esprit de faire une pause, à nos sens de se remplir de fraîcheur et de douceur. Une action si banale est une occasion d’être reconnaissant envers la terre, envers la vie et envers chaque personne qui a contribué à ce moment ! En prendre conscience et leur octroyer la place de choix et l’importance qu’elles méritent, permet à toutes ces petites actions de faire notre bonheur au quotidien. Le bonheur est aussi un choix. Bien sûr, tout dépend l’angle de vue que vous choisissez d’adopter.

A moitié plein, à moitié vide, vous connaissez la chanson… A vous de voir.

Agnès Grêt, Tripyourlife.


[1] « La bonté humaine. Altruisme, empathie, générosité », Jacques Lecomte, éd. Odile Jacob

About Agnès Grêt // Happy Co-founder & Happy Trainer

Coach certifiée d’une école franco-canadienne, titulaire de la certification FSEA de formateur d’adultes, Agnès est également auteure du livre de développement personnel « Marguerite, la vache pleine de conscience. Et si on décidait d’être heureux? ». Fondatrice de Tripyourlife en 2009, puis co-fondatrice de Trip Your Work en 2013 avec Damien Thélin, Agnès Grêt est profondément convaincue que le Bonheur au travail est aujourd’hui la clé de la rentabilité des entreprises. Egalement diplômée en marketing et communication, c’est forte de son bagage personnel et de ses expériences en tant que formatrice en entreprises et en instituts de formation, qu’elle s’engage aujourd’hui pleinement pour ce en quoi elle croit.

Discussion

No comments yet.

Leave a Reply

%d bloggers like this: